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Le blog de Valérie Godefroy
Nutritionniste passionnée par mon métier, je milite activement pour la réhabilitation du plaisir dans la nutrition! Lassée de toute la communication nutritionnelle anxiogène ("manger au moins cinq fruits et légumes par jour", "bannir le sucre" etc...), j'ai créé ce blog pour vous détendre, vous faire sourire (peut-être même rire) et vous aider à distinguer le vrai du faux dans un univers de croyances souvent abusives.
Ce qui fait l’unicité (et l’extraordinaire richesse !) de chacun réside bien au-delà des allèles spécifiques de son génome. Bien sûr, la génétique détermine une importante part de ce que nous sommes mais il me semble que notre individualité résulte avant tout de la somme (ou plutôt de la moyenne pondérée pour les esprits scientifiques !) des rencontres que nous avons faites, des liens que nous avons tissés avec notre entourage, des discussions que nous avons eues, des chemins que nous avons parcourus… Ainsi, j’imagine chaque individu comme le support d’une mosaïque de portraits de tailles variables, dépendant de leurs influences relatives dans l’établissement de la personnalité de leur porteur… Chacune de ces mosaïques est, selon moi, une authentique œuvre d’art, dont l’originalité est incontestable.
Comme vous le savez sûrement, je n’ai rien inventé et de nombreux auteurs ont déjà disserté sur ce thème (notamment Marguerite Yourcenar). Cependant, cette réflexion m’a amené à me poser la question suivante : ne serions-nous pas aussi la somme (ou la moyenne pondérée…) de ce que nous mangeons ? Ne pourrions-nous pas imaginer chaque individu, un peu à la manière d’Arcimboldo, comme une sorte de construction dont le matériau de base serait l’aliment ?
D’un point de vue strictement biologique, il est vrai que nous sommes en quelque sorte un amas de cellules différenciées qui se régénèrent sans cesse grâce aux aliments que nous ingérons (via les nutriments qu’ils contiennent).
Mais au-delà de ce constat purement « matérialiste », n’y a-t-il pas un lien entre la somme des individus que nous portons dans nos esprits (pour ne pas dire nos âmes…) et la liste de nos courses, le choix de nos menus, les associations de saveurs de nos plats ? Autrement dit, nos échanges, nos relations avec notre entourage n’ont-ils pas la capacité d’influencer fortement nos goûts et notre comportement alimentaires ? La réponse est évidemment oui ! Notre entourage influe nécessairement sur nos choix alimentaires, ne serait-ce que par l’éducation qu’il nous apporte. Par ailleurs, des études ont suggéré que certaines phobies, allergies, aversions… alimentaires pouvaient se déclencher suite à l’association d’un aliment à une situation psychologiquement désagréable. A l’inverse, nos « petits plaisirs » sont souvent liés à des souvenirs agréables.
Au risque d’en effrayer certains, j’irai même jusqu’à pousser plus loin la métaphore : ne nous arrive-t-il pas inconsciemment de manger (symboliquement bien entendu !) certains individus de notre entourage ?...
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