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Billets d'humour et touches d'humeur

Vendredi 4 mai 5 04 /05 /Mai 10:51

Moi présidente, j’inviterais tous les jours à la table de l’Elysée ceux qui souffrent et n’ont rien à manger.

Moi présidente, je distribuerais gratuitement des chocolats à l’ensemble de mes concitoyens pour qu’ils aient tous leur dose quotidienne d’endorphines (hormones du plaisir).

Moi présidente, je n’assimilerais pas « les vrais travailleurs » à ceux qui souffrent car le travail ne devrait être une souffrance pour personne. Je rendrais donc la pause « bien-être au travail » (par exemple, une pause fruits vitaminés-danse) obligatoire dans toutes les entreprises, pour tous les salariés.

Moi présidente, je donnerais beaucoup d’argent à la recherche, et en particulier à la recherche en nutrition, pour trouver le secret de la jeunesse éternelle dans les aliments !

Moi présidente, j’enlèverais totalement la publicité à la télévision (parce que c’est ce qui donne le plus envie de grignoter !) et je ne garderais que des émissions intelligentes (gros boulot !).

Moi présidente, j’aiderais davantage nos agriculteurs (de vrais travailleurs… comme dirait l’autre), afin de les inciter à améliorer sans cesse la qualité, notamment environnementale, de leur production.

Moi présidente, je n’essaierais pas « d’intégrer » les immigrés… Je les laisserais vivre et s’intégrer à la société comme ils le souhaitent (dans la limite du respect de la liberté d’autrui évidemment), comme tous les Français. La culture des étrangers (notamment leur culture alimentaire) est une richesse inestimable pour la France et je ne donnerais jamais l’exclusivité à la tradition « baguette-saucisson-pinard »… (je n’aime pas le saucisson de toute façon!).

Moi présidente, je ne dirais pas « travaillez plus pour gagner plus » mais « bougez plus pour avancer plus ».

Moi présidente, je ne dirais pas « mangez au moins cinq fruits et légumes par jour » mais « mangez tous les jours tous les fruits et légumes que vous aimez et qui vous font du bien, pour rester jeunes, beaux et intelligents ! ».

Moi présidente, je ferais apprendre par cœur à tous mes concitoyens (en plus de la Marseillaise !) cette citation d’Albert Schweitzer: « Le succès n’est pas la clé du bonheur. Le bonheur est la clé du succès. Si vous aimez ce que vous faites, vous réussirez.»

Moi présidente, j’augmenterais le nombre d’heures d’éducation civique à l’école afin de permettre à chacun d’avoir plus de clés en main pour « bien » voter et ainsi éviter que des tocards ou des tocardes comme moi ne deviennent un jour président(e) (je suis bien obligée de l’admettre… je n’ai pas cette compétence !). En tout cas, je ne réduirais certainement pas le nombre d’heures de cours d’histoire-géo…

Moi présidente, je pense que je serais bien embarrassée… avec tous ces gens mécontents qui râlent sur moi… Bref, je pense que je laisserais ma place… mais à qui ?....

Par foodandglam - Publié dans : Billets d'humour et touches d'humeur
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Jeudi 5 avril 4 05 /04 /Avr 12:02

« L'enfant marche joyeux sans songer au chemin. - Il le croit infini, n'en voyant pas la fin. » 

 

C’est hier, dans un métro parisien, à une heure relativement avancée de la nuit, que ces vers d’Alfred de Musset sont venus heurter mes pensées. Je songeais alors à mes propres peurs, à celles que d’autres m’avaient confiées, à toutes ces barrières intangibles que nous implantons nous-mêmes sur nos propres routes, comme pour s’empêcher d’avancer… Toutes ces barrières qui finissent inéluctablement par nous rendre malheureux…

 

Mais d’où vient cette angoisse, à la simple idée de faire un pas de plus ?… un pas de trop ?… Tel un coureur de fond à bout de force s’écroulant à quelques mètres de la ligne d’arrivée, nous semblons parfois manquer du courage nécessaire pour atteindre l’objectif… alors que nous en étions si prêts ! Y aurait-il une crainte inconsciente et insidieuse qui s’insinuerait en nous dès lors que nous approchons du but ?... Une crainte liée à la peur d’être désorienté, perdu, une fois arrivé à destination? La crainte de ne plus trouver le chemin pour rentrer chez soi ?... Ou la crainte de ne plus trouver une nouvelle destination ?… et que le voyage s’arrête… là.

 

Certains passent leur vie à aller d’objectifs en objectifs, comme sur une longue route jalonnée de bornes, plus ou moins pénibles à atteindre en fonction du relief… Passer dans la classe supérieure, offrir son premier (vrai) baiser, avoir le BEPC, puis le baccalauréat, sortir avec un garçon (ou une fille) et découvrir le sexe, l’amour (?), réussir ses études et obtenir un diplôme, faire ses premiers pas dans le monde professionnel et décrocher un CDI, rencontrer « THE ONE » (« LE BON » ou « LA BONNE »), s’installer ensemble et finir par se marier (ou d’abord avoir un enfant ?... choix crucial…), progresser dans la hiérarchie de la boîte et élever ses gosses, avoir 40 ans et commencer à se dire que tout cela n’a aucun sens finalement… mais heureusement, c’est normal et on trouve la solution : la fameuse reconversion professionnelle ! On change de boulot, on quitte tout (parfois la famille fait partie du lot) et comme on le dit si bien, « on repart à 0 »… et c’est reparti pour un tour… jusqu’à ce que le manège tombe en panne et s’arrête… définitivement.

 

Ces gens-là excellent probablement dans l’art subtil d’être adulte… Mais à la lumière de ces deux vers de Musset, sans vous exhorter à vous maintenir dans l’infantilité, je vous suggère au moins d’arrêter, même l’espace d’un instant, de songer au chemin… de le croire infini, afin d’être heureux… en avançant toujours, jusqu’à la fin.

 

Par foodandglam - Publié dans : Billets d'humour et touches d'humeur
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Mardi 27 mars 2 27 /03 /Mars 20:07

« Pour lutter contre le surpoids, il faut s’adosser à une cause plus large » dixit Pierre Dukan… Bien qu’il ait probablement raison sur ce point, notre lutteur, grand  idéaliste et utopiste, a encore une fois démontré ses faiblesses jeudi dernier lors du congrès Dietecom, face à un auditoire hostile, composé essentiellement de médecins et de diététiciens nutritionnistes. C’est Bernard Guy Grand, chercheur très renommé dans le domaine de la Nutrition, qui s’est chargé de le remettre à sa place, au cours d’un débat animé, amusant  mais presque affligeant par la bassesse de certains échanges…

Voici d’ailleurs un florilège de répliques de P.D. qui vous divertira probablement : « Madame, je vois que vous avez des lunettes. Vous feriez mieux de les enlever » (euh… là je crois que personne n’a compris…) ; « Ecoutez Madame, de toute façon, vous ne m’aimez pas et c’est votre droit mais j’ai plus de 30 millions de lecteurs et des tonnes de fans qui m’écrivent des lettres tous les jours » (la tactique Calimero : «  vous êtes vraiment trop inzustes »)…

Mentionnons également une accumulation d’inepties énoncées tout au long de la présentation de sa « méthode » ! Il nous a notamment servi un parallèle très douteux entre l’augmentation de l’obésité liée à la facilitation de l’accès à la nourriture et l’accroissement du mal-être familial lié à la facilitation du divorce !!! Il vante en outre les mérites d’une méthode de régime qui procure « plus de plaisir et moins de déplaisir » car elle permet de « maigrir vite » (et de regrossir tout aussi vite !), d’améliorer son aspect esthétique, d’avoir des vêtements plus seyants (à l’entendre, l’esthétique dépendrait uniquement du poids)… bref, elle permet un « retour à la normalité » ! (no comment…). Précisons simplement que Mr Dukan est convaincu « qu’à force de volonté, on peut se construire sa propre prison » (et oui, c’est pratique la prison pour éviter les tentations alimentaires !!...). Enfin, juste pour rire, je vous livre en détails la fameuse « phase de stabilisation » qui a fait sa renommée par rapport aux diètes protéinées traditionnelles:

1-      « Conserver en mémoire la plate-forme de sécurité (??) acquise au cours de la consolidation et les réflexes acquis » (ça vend du rêve…)

2-      «  le jeudi protéiné » (crucial selon lui… « Chéri, on est jeudi, c’est surimi !... Youpi ! »)

3-      20 minutes de marche par jour + abandon de l’ascenseur (et pour les handicapés ??)

4-      3 cuillères à soupe de son d’avoine par jour (miam miam !)

 

Malgré toutes mes réticences à l’égard des propos de Pierre Dukan, je tiens à préciser que selon moi, Mr Guy Grand a, certes, relevé le débat mais il s’agissait malheureusement du mauvais débat… La véritable question n’est pas de savoir si oui ou non Mr Dukan a réussi à inventer une méthode efficace et durable pour perdre du poids mais plutôt de comprendre pourquoi cette méthode semble fonctionner chez certains alors qu’il est démontré scientifiquement que le principe même du régime restrictif est inefficace pour une perte de poids durable… N’y aurait-il pas (par hasard ?) une forte composante psychologique à laquelle pourrait éventuellement s’adresser la méthode Dukan ?… Sans pour autant représenter LA solution au problème ! Car le voilà justement le problème : il ne s’agit pas, pour un nutritionniste, d’être un «vendeur de kilos en moins » qui répond à la demande insistante et récurrente de ses clients ! Nous ne sommes pas des commerçants mais des thérapeutes qui nous adressons à des patients parfois en grande souffrance. Et notre rôle est avant tout de soulager cette souffrance, en aidant notamment le patient à en identifier la véritable origine (qui bien souvent n’a rien à voir avec son alimentation !).

Pauvre Pierre Dukan…  Il ne semble pas cependant avoir un mauvais fond (est-ce l’appât du gain ou de la renommée qui l’a perverti ?... ou les deux ?) et il m’a véritablement fait l’effet d’un enfant se débattant misérablement dans une discussion d’adultes (on aurait quasiment pu l’entendre dire : « vous êtes vraiment tous trop méchants ! »). Et comme un malheur n’arrive jamais seul, il risque aujourd’hui la radiation de l’Ordre des médecins, suite à des plaintes… C’est vraiment trop inzuste, lui qui voulait simplement résoudre le problème de l’obésité en France, voilà comment on le remercie !

Par foodandglam - Publié dans : Billets d'humour et touches d'humeur
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Vendredi 16 mars 5 16 /03 /Mars 15:49

Dis-moi ce que tu manges et je te dirai qui tu es… Savez-vous qu’il est inscrit dans l’inconscient humain que nous devenons ce que nous mangeons ? C’est une sorte de croyance mystico-magique qui a été mise en évidence notamment par une étude scientifique américaine1. Cette étude demandait à des étudiants américains de prendre connaissance des habitudes d’une ethnie fictive à travers la lecture d’un texte court. En réalité, deux versions du texte étaient proposées : la première décrivait une ethnie chasseuse de tortues de mer pour leur carapace et consommant du sanglier tandis que la seconde version présentait une ethnie chasseuse de sangliers pour leurs défenses et consommant de la tortue de mer. Par la suite, lorsque les étudiants ont été invités à détailler les caractéristiques physiques et psychologiques de l’ethnie, il est apparu que les « mangeurs de sangliers » étaient perçus comme plus vifs à la course et plus belliqueux tandis que les « mangeurs de tortues de mer » étaient décrits comme meilleurs nageurs et plus paisibles… Vous comprendrez peut-être maintenant pourquoi des publicitaires ont réussi à nous faire croire que nous pouvions « rugir de plaisir » en mangeant une certaine barre chocolatée au nom évocateur…

 

En me basant sur cette simple réflexion, dans un contexte d’hystérie autour d’une thématique que vous connaissez tous (« indice chez vous »: cela aura lieu dans un peu plus d’un mois et on ne parle plus que de ça dans tous les media…), la question du régime alimentaire de nos présidentiables m’est apparue fondamentale… et pourtant peu (voire jamais ?) abordée ! J’ai alors entamé une petite « google-search »  dont voici les premiers résultats…

 

Nicolas Sarkozy aurait adopté depuis un certain temps un régime alimentaire « très strict » afin de garder la ligne… On comprend maintenant d’où vient la politique de rigueur ! Certains ont évoqué un régime « petit-suisse » : une façon pour lui de se sentir neutre comme la Suisse… ou plutôt blanc comme neige? Quant à François Hollande, force est de constater qu’il a dû passer du régime « fromage » au régime « ni trop gras, ni trop salé, ni trop sucré » qu’il préconise d’ailleurs à tout le monde ! En tout cas, il n’a pas dû arrêter les Flamby, la mollesse étant toujours de mise dans son attitude générale. Marine Lepen adore la charcuterie et le bon gros rouge qui tache, c’est bien connu… Tout cela étant bien sûr la marque de sa très grande ouverture d’esprit ! Et Mélenchon ? Difficile à dire mais tout porte à croire qu’il mange du Lion !!! Pour finir, que dire de François Bayrou ? A vrai dire, on ne sait pas grand-chose… Lui non plus d’ailleurs…

 

C’est donc un menu fort alléchant (bien qu’encore très mystérieux !) qui s’offre à nous pour ces présidentielles ! Mais même si nous en savons un peu plus sur les habitudes alimentaires de nos candidats, reste à savoir à quelle sauce ces derniers vont nous manger !

 

1P. Rozin, L. Millman et C. Nemeroff, “Operation of the laws of sympathetic magic in disgust and other domains”, Journal of Personality and Social Psychology, 50 (4), 1986, p. 703-712.

Par foodandglam - Publié dans : Billets d'humour et touches d'humeur
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Mercredi 29 février 3 29 /02 /Fév 14:42

Dimanche dernier, j’ai eu le très grand plaisir de saluer nos amis les bêtes au Salon de l’Agriculture ! Ne vous méprenez pas : loin de moi l‘envie d’assister au fameux bal des candidats à la présidentielle qui attire toujours quelques badauds…  Non, pour ma part, ce sont plutôt les vaches (et en particulier les jolies demoiselles Salers !) que j’ai toujours envie de caresser dans le sens du poil !...

Après quelques salutations avec mes amies ruminantes (légèrement stressées par l’agitation environnante, il faut bien le dire !), j’ai eu envie de m’intéresser à la question du bien-être animal, vaste débat, qui commence à émerger des méandres de l’inconnu, tout doucement… C’est pourquoi je suis très heureuse de vous rapporter aujourd’hui les propos  de Léopoldine Charbonneaux (L.C.), directrice de CIWF1 France, qui était présente sur le salon et s’est très gentiment prêtée au jeu de l’interview.

 

1)      Comment avez-vous été amenée à vous intéresser à la cause du bien-être animal ?

 

L.C. : J’ai commencé à être sensibilisée à cette cause dès mon enfance, par mon environnement familial. Mon père, qui était éleveur, a dû se reconvertir dans la culture céréalière à cause de sa très forte réticence à abattre ses bêtes (sourire… en effet, c’est assez gênant pour un éleveur…). De plus, ma tante travaillait dans le domaine de la protection animale. Par la suite, c’est surtout l’envie de trouver davantage de sens dans mon travail qui m’a orientée vers CIWF, après avoir travaillé assez longtemps au sein des industries, notamment en tant que responsable marketing. Grâce à CIWF, je peux utiliser mes compétences commerciales et ma connaissance des réalités économiques car cette ONG souhaite avoir une approche très réaliste et pragmatique de la problématique du bien-être animal, afin d’être plus à même de faire évoluer les choses.

 

 

2)      Comment définir la notion de bien-être animal selon vous ? Y a-t-il des indicateurs fiables ?

 

L.C. : La définition traditionnelle du bien-être animal repose sur le principe des 5 libertés : les animaux ne doivent pas souffrir de stress, de peur, de faim, de soif, de maladies, de douleurs, de blessures etc…

Pour CIWF, il faut surtout respecter le comportement naturel des animaux, ceux-ci ne doivent pas être forcés d’avoir des comportements anti-naturels. Les progrès de la recherche permettent aujourd’hui de connaître et de comprendre de mieux en mieux les comportements des animaux. Par exemple, les porcs aiment chercher leur nourriture, fouiller le sol ; or, ceci leur est impossible quand ils sont élevés sur caillebottis, en élevage standard (plus de 90% de la production porcine en France).

 

 

3)      A-t-on pu montrer un réel impact positif sur l’environnement, sur la santé des animaux et même peut-être sur la santé des consommateurs avec des pratiques d’élevage plus respectueuses du bien-être animal ?

 

L.C. : Par rapport à l’environnement, il est clairement démontré que la pratique de l’élevage industriel intensif a un impact très négatif, notamment du fait de la concentration trop importante des animaux et de la difficulté à gérer le problème des déjections. D’après des données de la FAO, l’élevage industriel serait même plus polluant et rejetterait davantage de gaz à effet de serre que les transports ! Pour les partisans du bien-être animal,  la solution pour réduire cet impact environnemental serait de diminuer la production, de la limiter aux quantités vraiment nécessaires aux consommateurs. Mais d’autres acteurs sont plutôt partisans d’une concentration encore plus importante des animaux pour gagner en productivité et concentrer la production sur un nombre réduit d’exploitations.

S’agissant de la santé des animaux, il s’agit de toute façon d’un des piliers du bien-être animal. En effet, les partisans de cette cause sont très attentifs à la santé animale, tout en privilégiant une restriction de l’usage des antibiotiques, qui ne doit pas être automatique !... Ainsi, seuls les animaux malades devraient être traités, afin d’éviter le développement de problèmes d’antibiorésistance.

Enfin, bien qu’on ne puisse, pour l’instant, affirmer l’existence d’un impact positif sur la santé des consommateurs avec la consommation de produits issus d’un élevage respectueux du bien-être animal, on peut néanmoins observer facilement une meilleure qualité en termes de texture et de goût, en particulier pour les poulets. En effet, les poulets à croissance lente, qui sont utilisés pour l’élevage en plein air (et bio) et qui vivent deux fois plus longtemps que les poulets en élevage standard, ont notamment l’avantage de perdre beaucoup moins d’eau à la cuisson.

 

 

4)      Que faire pour les consommateurs ?

D’après un récent sondage Ifop, plus de 70% des Français tiennent compte des conditions d’élevage des animaux dans leurs achats, plus de 80% d’entre eux jugent importantes les informations portant sur les conditions d’élevage des animaux et 80% se sentent préoccupés par les conditions d’élevage des porcs.

Pensez-vous que les consommateurs seraient prêts à payer plus en ayant la garantie que le produit est issu de conditions d’élevage respectueuses du bien-être animal ?

Par ailleurs, ne pensez –vous pas qu’une meilleure information devrait être fournie aux consommateurs concernant le respect du bien-être animal, au niveau des produits qu’ils achètent ? Que proposez-vous à cet effet?

 

L.C. : le sondage effectué par l’Ifop a révélé que pour le porc, environ 20% des Français se disent prêts à payer davantage avec la garantie du respect du bien-être animal. Il y a bien sûr toujours un écart entre le déclaratif et le comportement observé dans les faits mais ces chiffres montrent tout de même un intérêt croissant du consommateur pour la cause du bien-être animal. En outre, il faut que les consommateurs comprennent que plus ils se tourneront vers les produits respectueux du bien-être animal, plus les éleveurs seront motivés à changer leurs pratiques d’élevage et pourront réduire l’écart de prix avec les produits standard pour les rendre plus accessibles.

S’agissant de l’information pour les consommateurs, il y a encore beaucoup de progrès à faire au niveau de l’étiquetage. Signalons tout d’abord que l’étiquetage obligatoire sur le mode d’élevage n’existe que pour les œufs (code 0 = bio, code 1 = plein air, code 2 = au sol, code 3 = en cage). De plus, ce système de code reste encore inconnu pour une large partie des consommateurs : seuls 40% d’entre eux sont capables de reconnaître ces codes… si bien que certains industriels en profitent même pour tenter de tromper le consommateur en apposant, sur leurs boîtes d’œufs de poules élevées en cage, des photos de paysages de plein air ! (et ceci n’est malheureusement pas interdit par la loi…).

CIWF est plutôt partisan d’une information assez neutre sur le mode d’élevage, tout en informant bien le consommateur qu’il est a priori peu probable que le bien-être animal soit respecté en élevage standard et qu’il est donc préférable de privilégier l’élevage en plein air ou bio. L’information pourrait également être véhiculée par un label « bien-être animal » comme il en existe en Angleterre (label Freedom Food) et en Hollande. Un label au niveau international est d’ailleurs en cours de développement (label GAP : Global Animal Partnership) et il serait peut-être intéressant d’envisager la création d’un label européen. Il faudrait cependant bien veiller à ce que le label soit clairement identifiable et lisible pour le consommateur (souvent perdu avec la multiplication des labels !) et veiller également à ce qu’il requiert le même niveau de bien-être animal pour toutes les espèces (ce qui n’est pas le cas en particulier pour le fameux Label Rouge, très respectueux du bien-être animal pour les poulets mais beaucoup moins attentif à cette cause pour les porcs)

 

5)      Que faire pour les producteurs ?

Qu’est-ce qui motive le plus certains éleveurs à adopter des pratiques d’élevage respectueuses du bien-être animal ? Est-ce une nécessité d’ordre éthique ou y a-t-il également une motivation qui serait plutôt d’ordre économique ?

Pensez-vous qu’il faille plutôt chercher à punir le non-respect du bien-être animal ou à récompenser les efforts en faveur de ce bien-être (autrement dit, faut-il choisir la politique du bâton ou plutôt celle de la carotte ?)

 

L.C. : de manière générale, tous les éleveurs aiment leurs animaux et ils n’ont pas envie de les faire souffrir. Ils sont, de plus, contraints par certaines obligations réglementaires et de plus en plus sensibilisés à la problématique du bien-être animal par des ONG telles que CIWF. Enfin, ils sont de plus en plus nombreux à prendre conscience de l’attrait grandissant des consommateurs pour tous les produits représentant des valeurs de proximité et de respect envers la nature, le terroir… Ainsi, ils savent que les consommateurs intègrent de plus en plus ce critère dans leurs choix, quitte à dépenser quelques euros de plus. C’est pourquoi de plus en plus d’éleveurs se convertissent aux techniques d’élevage respectueuses du bien-être animal, en maintenant parfois une production « hybride » (par exemple, une partie de l’élevage de poules en cage et une autre partie en Bio…).

Pour CIWF, il faut à la fois améliorer la réglementation et sa mise en application (politique du bâton) mais aussi et surtout mettre en valeur les éleveurs qui font des efforts en faveur du bien-être animal, tout en ayant une pratique viable de leur activité, avec un modèle économique qui fonctionne bien. Il est aussi crucial de lutter contre le problème central de résistance au changement chez les éleveurs. En effet, ces derniers sont souvent réticents à réinvestir pour produire moins mais « mieux » alors qu’on leur a demandé il y a quelques dizaines d’années d’augmenter leur productivité afin de répondre à la hausse de la demande… Il nous semble donc que le gouvernement a un rôle important à jouer dans l’accompagnement des éleveurs vers le changement.

 

 

6)      Que faire pour les industriels ?

Qu’est-ce qui les motive à s’approvisionner auprès d’éleveurs respectueux du bien-être animal ? Quel type de politique (bâton ou carotte) vaut-il mieux leur appliquer selon vous ?

L.C. : Il est évident que le point de vue économique est toujours important pour les industriels et faire le choix de s’approvisionner auprès d’éleveurs respectueux du bien-être animal relève généralement d’une stratégie marketing orientée vers le développement durable, pour répondre à une demande des consommateurs.

Pour les industriels, il est essentiel, comme pour les éleveurs, de mettre en valeur les bonnes pratiques mais il faut aussi accompagner la mise en place du changement de fournisseur. C’est pourquoi CIWF remet chaque année des « Trophées Bien-être Animal » (Porcs d’Or, Œufs d’Or, Poulets d’Or et Vaches d’Or) récompensant les producteurs, les industriels mais aussi les collectivités participant au progrès de la mise en place des pratiques respectueuses du bien-être animal. En outre, CIWF propose un véritable accompagnement dans les démarches de progrès, avec des audits et des conseils gratuits en matière de bien-être animal.

 

 

7)      Qu’espérez-vous pour le futur en termes de bien-être animal ? Quelles sont les priorités selon vous ?

 

L.C. : La priorité selon moi est de progresser dans l’information fournie aux consommateurs. Il faut trouver le moyen de palier le problème de la distance croissante entre consommateurs et producteurs et surtout encourager les consommateurs à favoriser de meilleures pratiques d’élevage par les choix qu’ils effectuent lors de leurs achats. Dans un deuxième temps, il faudrait faire en sorte que la législation soit mieux appliquée, en imposant notamment davantage de contrôles. Enfin, il me semble essentiel de mieux intégrer le problème du bien-être animal au sein d’une perspective beaucoup plus large, qui ne soit pas uniquement d’ordre éthique mais aussi d’ordre économique… une perspective de développement durable en somme !

 

 

1CIWF (Compassion in World Farming) : ONG internationale, référence en matière de lutte pour le bien-être animal. Pour plus d'informations, je vous invite à consulter le site de CIWF: http://www.ciwf.org.uk/fr/default.aspx

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